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La surface terrière est une notion ancienne, peu connue du grand public, mais très utile pour la sylviculture moderne. Sa simplicité de calcul, sa facilité d’interprétation et son efficacité en fait un outil de choix pour tous forestiers débutants.

L’indice G ou g

Notée par son indice “G” lorsque l’on parle de la surface terrière d’un peuplement forestier ou “g” lorsque l’on parle de la surface terrière d’un arbre. Cet indicateur est utile aux forestiers afin d’évaluer la densité d’un peuplement forestier. Plus les arbres grandissent et grossissent, plus ils empêchent leurs voisins de s’épanouir convenablement. C’est en d’autres termes un indicateur de concurrence entre les arbres et un indicateur de qualité du peuplement. Il est intéressant de faire ses mesures afin de savoir quand éclaircir son peuplement forestier, de combien réduire la densité ou tout simplement connaître l’espace occupé par les arbres proportionnellement à une surface.

L’indicateur “g” correspond en quelques sortes à l’épaisseur de l’arbre. Dans la réalité, c’est une évaluation de sa section transversale à 1m30 du sol, on dira à hauteur d’épaules. Pour des arbres d’une certaine hauteur en fonction de son type. L’indicateur “G” correspond lui à la somme des “g”.

La mesure de la surface terrière

calcul surface terriere

La mesure de la surface terrière est très simple à effectuer et plusieurs outils existent. Le plus simple est la chainette relascopique. C’est une chainette de 50cm avec, d’un côté une petite plaquette munie d’une encoche d’un centimètre, et de l’autre un petit anneau faisant office de viseur. Avec cet outil, il suffit de se placer à plus de 50m des limites du peuplement et de répertorier les arbres en cercle autour de nous. Cette mesure s’effectue toujours à 1m30 du sol. Lorsque l’arbre est plus large que l’encoche il faut le compter comme g = 1m², lorsque l’arbre est de la taille de l’encoche g = 0,5m² et lorsqu’il est plus petit que l’encoche g = 0. C’est une méthode de calcul très ancienne qui a été présentée par Walter Bitterlich en 1949. Il est tout à fait possible d’appliquer cette méthode avec simplement son pouce et son bras en connaissant la largeur du pouce ainsi que la longueur du bras.

Il existe bien entendu des appareils plus élaborés qui reprennent la même méthode de mesure comme le relascope. La présence de multiples graduations permet d’être plus précis. Il existe aussi une application smartphone iBitterlich qui permet de faire ces mesures.

Eclaircir ou non le peuplement

La récupération de ces indices (g et ensuite G) nous permet de nous référer à des normes européennes afin de savoir s’il faut ou non éclaircir le peuplement. Ces normes dépendent des essences présentes au sein du peuplement. En effet tous les types d’arbres n’ayant pas la même épaisseur, densité, hauteur, etc … Les normes ne seront donc pas les mêmes. Il est possible qu’après un éclaircissement l’on constate que l’évolution du peuplement est moins stable qu’avant le toucher de l’homme, c’est-à-dire que cette évolution est en dents de scie, nécessitant une éclaircie régulière.

La surface terrière nous permet plus largement de connaître l’état général du peuplement, son état de santé, en effectuant des mesures régulières il est même possible de connaître la vitesse de croissance du peuplement. Cet indice peut être aussi utilisé par certains écolabels ou pour des études d’impact lors de réaménagements de surfaces. Il est important de maintenir l’indice de surface terrière dans les fourchettes de norme données afin de maintenir un écosystème équilibré.

Fourchettes de surface terrière en forêt équilibrée:

  • chêne en futaie irrégulière 14-18 m²/ha
  • chêne en futaie régulière 25-30 m²/ha
  • résineux 20-25 m²/ha

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