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avr
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La régénération naturelle, une méthode pour l’avenir ?

Au centre des préoccupations mondiales en ce qui concerne le climat, la gestion de nos forêts doit passer par un processus de renouvellement de la flore, avec les méthodes de régénération artificielle et naturelle. La régénération naturelle a pour but de reconstituer un peuplement arrivé à maturité, de manière naturelle, avec uniquement des semences d’arbre déjà en place. Ce procédé possède de nombreux avantages pour régénérer nos forêts sur le long terme mais connaît aussi ses limites.

regeneration-naturelleLes avantages de la régénération naturelle

Au-delà d’être naturelle et donc écologique, la régénération naturelle présente de nombreux atouts sur le long terme pour nos forêts et notre écosystème. Tout d’abord, la régénération naturelle permet d’assurer l’avenir d’un peuplement de qualité à moindre coût. Cette méthode réutilise des semences d’arbre aux alentours des plantations. C’est un procédé écologique qui permet d’entretenir des pousses saines et de bonne qualité génétique. Le tout pour des coûts très intéressants puisque les acteurs forestiers peuvent étaler les dépenses sur quinze ans. Un autre avantage et pas des moindres, les réductions du nombre de chantiers. La régénération naturelle réduit le nombre des chantiers de taille et d’élagage. La forte densité initiale est à l’origine de la formation de tiges de qualité. Enfin, la régénération naturelle permet également de valoriser le patrimoine génétique des peuplements lorsqu’il est de bonne qualité.

Quelles limites pour la régénération naturelle ?

Comme toute méthode, la régénération naturelle connaît aussi des inconvénients et des contraintes. Il faut s’assurer que le peuplement en place soit bien adaptée à la station (sol) et qu’il n’y a pas de végétation invasive (molinie…) Le choix de la régénération naturelle oblige à réaliser des opérations de nettoiement plus régulièrement et nécessite un savoir-faire particulier. Elle ne s’applique pas sur tous les types de sol mais uniquement sur des parcelles d’arbres arrivés à maturité, et seulement sur des arbres sains et de bonne qualité. Enfin, la principale crainte en régénération naturelle comme artificielle est la forte pression du gibier sur ces zones. Le chevreuil peut se montrer véritable prédateur des futures générations boisées. Pour protéger la régénération naturelle il est important de limiter la présence du chevreuil à son équilibre (1-2/ 100ha) ou poser une clôture.

Les étapes de la régénération naturelle en futaie régulière.

L’ensemencement

La première étape de la régénération naturelle est l’étape d’ensemencement.
Il s’agit d’effectuer une ou plusieurs coupes dites d’ensemencement. Ces coupes ont pour but de favoriser la fructification des beaux sujets (provoqué par le stress de mise en lumière) que l’on a choisi pour leur bonne valeur génétique. Surtout, ces coupes permettent un apport de lumière suffisant pour que les semences tombées au sol germent et grandissent.

La régénération

La seconde étape consiste à entretenir le peuplement et sa régénération. Si les conditions sont favorables (qualité de sol, faible pression de gibier et peu de végétation concurrente), rapidement, les semis vont former un tapis dense. Il deviendra indispensable d’effectuer un cloisonnement pour faciliter l’accès à l’intérieur des parcelles. Il est important de réaliser régulièrement un nettoiement de façon à ce qu’un homme puisse accéder sans encombre et manuellement à toutes les tiges. Ces cloisonnements seront utilisés pour les interventions techniques jusqu’à l’exploitation des bois

La sélection d’arbres

La dernière étape est la sélection des arbres d’avenir. Une fois que le processus de régénération est acquis, il faut travailler pour les essences « objectif ». Parmi les semis naturels beaucoup seront sans doute du bouleau, du charme … il n’est pas question de les supprimer tous, au contraire, ils ont leur rôles de bourrage à effectuer, mais de les limiter. Plus les années passerons plus le travail sera fait au profit des « beaux » de l’essence objectif jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les semenciers, car nous parlions bien, ici, du cas de la futaie régulière.

En plantation on force et accompagne la nature, en régénération naturelle on stimule et accompagne la nature. Dans les deux cas cet accompagnement ne s’improvise pas et demande un gros investissement en temps.

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